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Journal du Formateur

Pour raconter ma semaine de formation initiale de formateur risque majeur, j’ai volontairement évité le récit chronologique de mes journées qui, à mon avis, garantissait un risque majeur d’endormissement des lecteurs, et j’ai préféré illustrer « les compétences développées durant la formation » avec mon vécu et mon ressenti espérant ainsi vous maintenir en haleine jusqu’au bout de votre lecture.

Mon premier défi pendant cette semaine de formation consistait à acquérir des connaissances théoriques sur les risques majeurs. Pour ma part, mes connaissances sur ce sujet en début de formation étaient très limitées. Heureusement, dès le premier jour, Gérard, pilier incontournable de l’Iffo-Rme, a comblé mes lacunes avec une première approche globale des risques. Rapidement, définition, échelle de gravité, vulnérabilité, aléas, enjeux, naturels, anthropiques, TMD, NRBC… et j’en passe … n’avaient plus de secret pour moi. C’était fait ! J’étais devenue une experte !! Enfin presque… J’ai vite repris ma posture d’élève devant Geneviève, spécialiste du nucléaire qui avec seulement quelques billes magnétiques, des mots bien choisis et un petit film d’animation a réussi là où plusieurs profs de physique avaient échoué durant ma scolarité : me faire comprendre la fission nucléaire et le fonctionnement d’un réacteur de centrale. Par conséquent, je n’ai eu aucun mal à suivre et ni à appréhender le scenario malheureux de la catastrophe de Fukushima qui constitue le fil conducteur de sa conférence. Dur retour à la réalité mais c’est aussi ça la gestion du risque. Geneviève n’avait pas fini de m’étonner. Elle m’a aussi présenté le radon : élément discret du tableau de Mendeleïev qui m’avait échappé et dont j’ai découvert les secrets et le risque.

 

On ne parle pas de risque sans parler de gestion de crise. Cela concernait le deuxième défi de ma formation : acquérir des connaissances en gestion de crise. Comme le dit le dicton : « Mieux vaut prévenir que guérir ! » Un des axes de ce thème est donc l’information préventive des populations. Petit moment de droit public pour présenter les institutions concernées, les obligations de chacun, les textes à disposition. J’ai donc augmenté ma collection d’acronymes pourtant déjà bien fournie : DDRM, DICRIM, PCS, PPR ou PPI, IAL, … Moi qui pensais que l’Education Nationale, ma très chère institution, détenait la palme, je découvrais stupéfaite que la concurrence était rude dans ce domaine. Mais la prévention n’empêche pas la crise. Il faut donc entrer sans tarder dans le vif du sujet. Une première présentation animée par le directeur de cabinet du préfet m’a permis de découvrir le dispositif ORSEC : son historique, son cadre juridique et son déploiement. Je pouvais enfin mettre un contenu derrière cet acronyme régulièrement entendu au journal télévisé. Restait à compléter cette vision institutionnelle par l’organisation opérationnelle. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le SDIS s’est chargé de cette mission avec la rigueur et le professionnalisme qui le caractérisent. Des exemples précis, des procédures claires, pas de place pour l’improvisation, rien n’est laissé au hasard. Impressionnant bien que parfois déstabilisant quand ce n’est pas notre mode de fonctionnement quotidien.

 

J’abordais le troisième défi, sereine. Le PPMS : je connais par cœur !! Plan Particulier de Mise en Sureté. Gérard a repris les rênes. Il nous a présenté le dossier : définition, objectifs, méthodologie. Le but était de nous préparer à l’observation d’un exercice PPMS. Les tâches sont réparties, chacun se voit attribuer un rôle. L’exercice s’est déroulé sur une matinée dans un collège. Certains étaient observateurs, d’autres animateurs. Certains découvraient le dispositif, d’autres le maitrisaient mais tous ont participé. L’exercice s’est clôturé par un débriefing avec l’équipe enseignante : échange constructif et formateur. Plus tard, dans la journée, nous avons prolongé la réflexion sur l’organisation d’un exercice et la gestion du retour d’expérience. Pour rester dans le thème, l’exercice a été complété par une présentation sur la gestion de crise dans un établissement scolaire.

 

Maintenant que je maitrisais toutes les connaissances théoriques, il me restait à maitriser leurs mises en œuvre afin de mener à bien ma nouvelle mission de formateur risques majeurs. J’étais loin d’imaginer la multitude des possibilités : la ville de Nantes nous a présenté son dispositif d’éducation aux risques et au développement durable ; j’ai aussi découvert l’IPCS (Information Préventive aux Comportements qui Sauvent) ; un collègue de Martinique nous a initiés au Plan Familial de Sureté (ça ne vous rappelle rien ??...), une intervention de Météo France a fait de la pluie et du beau temps un sujet d’apprentissage,… et si la solution était d’organiser un forum où tous ces acteurs se retrouvent…. De quoi occuper mes soirées et mes week-ends si je m’ennuie !! Afin de rendre tout ceci plus parlant, rien de mieux que des visites de terrain. Ça tombe bien : il fait beau !! De plus, le lieu de formation a été bien choisi, il y a l’embarras du choix. Cette fois-ci ce sera : un petit tour en bord de Loire commenté par un professeur d’université en géographie physique autour du thème du risque inondation en territoire nantais, puis, une visite d’usine classé SEVESO pour prendre conscience de ce que le risque technologique impose comme précautions, et pour finir, la visite du château des ducs de Bretagne avec comme problématique : faire cohabiter patrimoine et risque.

 

Après tous ces contenus vient maintenant la posture de formateur. C’est aussi un défi à relever. Rassurez-vous rien n’est oublié ! Tous les matins, un groupe de stagiaires est chargé de restituer le contenu des interventions de la veille. Prendre la parole en public est incontournable pour un formateur ! Pour y parvenir, une intervention consacrée aux techniques de communication orale est prévue. Etre formateur, c’est aussi travailler en équipe et répondre à une commande. La semaine est ponctuée de moments de travail en groupe, notamment autour de la construction d’une grille de stage de formation. Enfin, avant de partir, il me faut construire mon projet de formateur risques majeurs qui tient compte de toutes mes nouvelles compétences et surtout de mon nouveau réseau de connaissances.

 

C’est le dernier défi de ma semaine : intégrer un réseau national. Le premier jour, Sylvette, présidente de l’Iffo-Rme a présenté la structure, ses objectifs et ses missions, ses publications et son organisation. J’ai découvert une structure nationale organisée en délégations menant des projets de grande ampleur avec des partenaires d’origine diverses. Pendant ma semaine, j’ai tissé des liens avec des personnes venant d’horizons différents (préfecture, collectivités territoriales, SDIS,…), de régions différentes (Sarthe, Ile de France, Languedoc, Loire-Atlantique,… mais aussi Martinique) mais ayant tous un point commun : la prévention des risques ! Les longs échanges, organisés ou informels, où se rencontrent toutes ces institutions permettent de mieux en connaître le fonctionnement et sont source d’enrichissement. D’ailleurs, la vie du réseau commence dès la semaine de formation car ce qui n’apparait pas dans les objectifs de formation sont les fins de journées. Ainsi, j’ai pu visiter Nantes à vélo avec mes nouveaux amis en suivant Agathe, guide intarissable sur sa ville. L’Iffo-Rme a toujours de bonnes idées. La soirée festive de la semaine a débuté sur le légendaire Belem alors amarré dans le port de Nantes. Champagne sur le pont ! Inoubliable ! J’ai aussi visité plusieurs pubs en soirée toujours accompagnée de mes nouveaux amis et toujours avec modération, évidemment ! La convivialité fait partie intégrante de la posture de formateur risques majeurs. C’est bon à savoir !!

Si vous avez réussi à atteindre cette conclusion, vous aurez deviné que je suis une femme, que je travaille à l’Education Nationale et que ma formation s’est déroulée à Nantes. Bravo !! Petit clin d’œil à tous les membres de la promo « Belem » et un grand merci à l’équipe de l’Iffo-Rme pour l’organisation logistique de cette semaine.

En espérant vous avoir donné envie de vous inscrire à cette formation et de vous retrouver prochainement à l’occasion d’événements portés par l’Iffo-Rme.

A bientôt.

Delphine