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Un village / forum de prévention au risque inondation : PLOUF !

A l’origine du PLOuf

Par Sidonie Thomas
Conseiller technique pôle sécurité intérieure - Préfecture de la Gironde


En 2013, nous sommes un petit groupe au sein du secrétariat général de la zone de défense et de sécurité de Paris de la Préfecture de police convaincu que la crue de la Seine, qui occupe l’esprit de nos planificateurs de crise en permanence, est justement LE sujet sur lequel il faut communiquer auprès de la population pour la préparer à l’impact de cette crise globale dans leur vie, recueillir l’adhésion du citoyen acteur de sa propre sécurité à notre dispositif et ainsi faciliter notre gestion de crise.Très vite, sensibiliser les enfants, futurs acteurs de la société civile, à travers une action de prévention évènementielle est une évidence. Cela oblige aussi les parents à entendre ce qu’ils ne veulent pas entendre ! Mais parler aux enfants de catastrophes naturelles est un métier. La découverte de l’IFFO-RME grâce à nos collègues de la DRIEE (autre acteur majeur dans la gestion de la crue) est fondamentale puisque c’est ce qui permettra de poser les bases de cet événement que nous allons co-construire avec l’IFFO-RME et nos partenaires dans la crise. Car l’idée est de demander aux grands acteurs de la crue (qui surveillent le fleuve, qui gèrent les lacs en amont, qui organisent l’hébergement à Paris, qui sont en charge du secours) d’expliquer chacun leur partie à travers des ateliers ludiques réunis dans un village forum.


Convaincre nos partenaires de nous rejoindre dans l’élaboration de ce village « gaulois » résistant à la crue n’a pas été simple, il a fallu vaincre des oppositions, y compris en interne. D’autant que le nom de l’événement « PLOUF » (choisi au fil de nos discussions, toujours menées dans la bonne humeur) et sa mascotte « Arlette la tortue reine de l’alerte » obligeaient nos institutions sérieuses à communiquer avec humour sur un sujet catastrophique ! Dès la première édition, en juin 2014, nous n’eûmes aucun doute sur la justesse de la cible quand certains pensèrent que nous nous arrêterions là. Mais la prévention est avant tout affaire de répétition. D’autant que nous avons depuis vécu deux crues qui ont malheureusement donné raison à notre intuition du départ et qui donnent à « PLOUF » toute sa raison d’être. Fruit d’énergies individuelles et collectives, PLOUF est aujourd’hui repris dans d’autres départements (ce qui était l’objectif initial) et devrait s’inscrire dans la durée à Paris pour préparer au mieux les parisiens chaque année à cet événement hors norme
 

 

 

Eléments clés pour un PLOUF réussi

Par Ségolène Lecoq
Chargée de communicationPréfecture de police de Paris

 

A l’origine de toute action PLOUF, il y a un réseau d’acteurs engagés, réunis par une volonté de sensibiliser au risque inondation sur un territoire. Le plus souvent, ce réseau existe déjà : il suffit de le mobiliser ! Une fois la dynamique lancée, chaque acteur, institution, association ou entreprise, aura à cœur d’apporter son expertise et ses idées, permettant la création d’un événement réellement attractif et pluridisciplinaire.Une attention toute particulière doit être portée au contenu des messages transmis au public : ils doivent être informatifs, tout en restant accessibles à un public non spécialiste. L’important est donc de viser une acculturation au risque, et d’essayer de susciter l’intérêt pour le sujet. Dans cet objectif, les activités ludiques sont souvent les plus efficaces. Pour qu’un PLOUF soit réussi, quel que soit son format, il lui faut attirer du public, notamment en prévoyant des « temps forts » (concert, démonstration...). Pour garantir la fréquentation, il peut être également intéressant d’associer différents types de public-cible : c’est ce qui a été choisi pour les dernières éditions de PLOUF 75, avec certaines activités sur inscription, notamment pour les scolaires, et un village ouvert sur l’espace public. Là, le choix du lieu est primordial : il se doit d’être à la fois sécurisé, accessible et passant, tout en étant assez spacieux pour accueillir les visiteurs

Dernier point d’importance : la communication, en amont, doit être la plus large possible. Elle peut s’orienter à la fois vers les acteurs de l’inondation dans la région et vers le grand public, via l’affichage, la presse locale, les réseaux sociaux et les sites internet. La logique partenariale de PLOUF est là encore essentielle : l’ensemble des partenaires pourra relayer l’événement via ses propres canaux de communication, démultipliant ainsi sa visibilité. Ces éléments réunis, il ne manquera à PLOUF qu’un dernier ingrédient pour permettre à chacun, à son niveau, d’engager la réflexion sur le risque inondation : la bonne humeur !

 

 

 

 

 

Vers de futurs PLOUF

Par Evelyne Allain
Directrice IFFO-RME

 

Les PLOUF(s) constituent des évènements qui offrent de multiples possibilités, variations sur la durée, sur le nombre d’ateliers, déclinaisons de leurs contenus et donc les partenaires mobilisés... mais également sur le format, les cibles et les lieux d’implantation. Ces derniers sont l’expression de la volonté d’un porteur :

• Le pavillon de l’eau à Paris avec un accueil privilégié des jeunes de centres de loisirs.• Radio France avec un « PLOUF entreprise » conduit sur les heures de déjeuners des personnels avec une sélection d’ateliers... et le développement de nouveaux sur la continuité d’activité ou encore sur un module médias audio-vidéo.

• La préfecture de Police à l’occasion d’un exercice grandeur nature (Sequana) ouvert spécifiquement au tout public, lequel s’est déplacé en nombre en raison d’une couverture médiatique particulièrement nourrie.

• Les collectivités, à Neuilly sur Marne avec une proposition d’activités à partir des archives municipales ou encore au Soler dans les Pyrénées Orientales ou les réserves de sécurité civiles étaient présentes. Vitry sur Seine s’est également lancée dans l’aventure cette année. Des évènements assimilés ont aussi vu le jour : forum de sensibilisation au risque d’inondation sur Toulouse, Alès, Ajaccio. Des ateliers issus des PLOUF sont réutilisés en d’autres occasions : sur des journées de la sécurité intérieure ou des journées départementales des risques majeurs, des forums sur le développement durable ou encore le Forum international de la météorologie. « Je fais ma valise, De retour à l’anormal, Je vis en zone inondable et le petit dernier De la pluie aux inondations: vigilance ! » remportent à ce titre un beau succès. Ces temps d’accueil des scolaires prennent aujourd’hui place dans des stratégies de territoire tel les SLGRI, les TRI ou les PAPI... La mission interrégionale inondation de l’Arcmed peut également être citée. Elle soutient des initiatives à visée pédagogique (Mouille ta plume) et la création de supports (cahiers d’activités pour les jeunes, productions vidéo) qui trouvent leur place dans les PLOUF. La mise en place d’un forum PLOUF constitue aussi un cadre d’information voire de formation à travers des temps d’échanges et de débat. Conférences et PLOUF’Café trouvent leur public sur les PLOUF’Campus implantés dans les universités (Denis Diderot, Perpignan, Toulon). Les étudiants peuvent être interpellés, sollicités, mobilisés à divers niveaux : de l’approche journalistique (Radio campus à Perpignan) à l’animation d’ateliers pour lesquels ils sont formés spécifiquement au risque d’inondation en amont du villageforum (étudiants de l’IUT de Saint Denis et de l’université de Marne la Vallée). Ces démarches revêtent un intérêt particulier considérant les objectifs et missions de l’IFFO-RME, dans la mesure où ces étudiants, qui deviennent lors des PLOUF, des médiateurs de la prévention peuvent devenir les formateurs RMé de demain. En 2014 le premier PLOUF était monté, 4 ans plus tard 10 de ces forums ont été déployés avec l’appui des formateurs des délégations territoriales de l’IFFO-RME. Déjà des réunions de préparation sont organisées pour planifier les PLOUF 2019, augurant la poursuite de cette belle dynamique.